AFRIQUE : EMPOISONNEMENT, A QUI SE FIER?

AFRIQUE : EMPOISONNEMENT, A QUI SE FIER?

En Afrique, les personnes souffrant des symptômes tels que la fièvre, les maux de ventre, les maux de tête, les douleurs thoraciques, le gonflement de l’estomac, l’inappétence ou le changement de couleur de la peau présument souvent qu’elles ont été empoisonnées… Mais ces symptômes pourraient également indiquer d’autres maladies graves  telles que la typhoïde, le paludisme et la tuberculose!

Selon une étude publiée en 2013 dans Revue de la Médecine communautaire et Éducation à la santé, 30 % des patients chez qui la tuberculose est dépistée dans l’Est de la RDC avaient au commencement cru qu’ils avaient été empoisonnés. Les chercheurs qualifient ce phénomène de « phobie de karuho ». Le rapport souligne que la présomption  d’empoisonnement est « répandue et ancrée dans les milieux ou sévissent les conflits sociaux de longue date et produit un effet dangereux sur  les comportements de recours aux services de santé ».

Le poison karuho est devenu plus courant dans tout l’Est de la RDC à partir de 1994, lorsque le génocide au Rwanda voisin a commencé à provoquer le déplacement d’une grande partie de la population de ce pays. On estime à 2 millions le nombre de personnes qui ont franchi cette frontière poreuse pour trouver refuge dans l’Est de la RDC, apportant avec eux les hostilités qui faisaient rage entre Hutus et Tutsis.

Selon les sociologues et les experts locaux, les divisions profondes entre ces communautés tribales – et une culture globale de méfiance dans une région qui abrite plus de 40 groupes rebelles –alimentent  l’idée largement répandue que les gens empoisonnent les uns les autres pour se venger.

Les travailleurs de la santé disent qu’ils consultent souvent les patients qui croient avoir été empoisonnés, mais ils ajoutent que les symptômes de karuho sont semblables à ceux de maladies graves reconnues telles que la tuberculose et le paludisme. Lorsque les travailleurs de la santé croient qu’un patient a été empoisonné avec karuho, ils le réfèrent à un guérisseur traditionnel… Certains professionnels de la santé avertissent que développer une dépendance inconditionnelle aux remèdes traditionnels peut s’avérer aussi dangereux que le poison lui-même.

Alors, l’empoisonnement en Afrique : à qui se fier?


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